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La circulation sur le Littoral Sud, de la Pointe Rouge à Callelongue, est saturée depuis des décennies. Le constat reste toujours le même, malgré les quelques mésures palliatives localisées prises par les autorités.

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Cette usine de plomb et acide tartrique nous a laissé en héritage une pollution 10.000 fois supérieure aux seuils d’alerte. Son site est convoité par les promoteurs immobiliers qui essayent de contourner les obligations de dépollution.

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De la Pointe Rouge à Callelongue, et tout le long de nos Calanques, un grand nombre de sites industriels abandonnés et de dépôts de scories toxiques (crassiers) menacent la santé des habitants et des visiteurs.

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Libération: A Marseille, la dépollution des Calanques, un projet d’envergure qui montre le bon chemin

Lancée l’an dernier par l’Etat et l’Ademe, la mise en sécurité de quatre anciens sites industriels pollués dans le parc national, parmi une vingtaine d’autres concernés par les travaux s’achève. Deux options ont été appliquées, l’évacuation ou le confinement des dépôts de déchets et autres métaux lourds.

Chantier de dépollution sur la route des goudes aux portes du parc national des Calanques, Marseille le 6 mai 2026.

Par Stéphanie Harounyan correspondante à Marseille

Publié le 07/05/2026 à 7h30

La plage de Samena a les pieds dans l’eau turquoise des calanques marseillaises. Au-dessus de la petite anse creusée dans la roche calcaire, des murs de béton flambant neuf, certains pas encore intégralement habillés de leur revêtement en pierres «à l’ancienne», soutiennent des restanques pour l’heure recouvertes de bâches, signe que les travaux ne sont pas tout à fait terminés. Si la phase «décor» reste à peaufiner, la mise en sécurité du site, elle, est achevée, applaudissent les services de l’Etat, qui conviaient la presse ce mercredi 6 mai à une visite du chantier.

Lancé le 1er septembre 2025, ce projet d’envergure, mené par l’Etat et son maître d’ouvrage délégué, l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, a pour ambition de dépolluer, ou plutôt de mettre en sécurité, près d’une vingtaine de sites pollués parmi les quelque 80 recensés au sein du parc national des calanques où, au siècle dernier, poussaient les usines recrachant leurs métaux lourds dans le territoire. Leur activité a cessé depuis longtemps mais les déchets, chargés en plomb et arsenic, empoisonnent toujours la terre et les végétaux, voire les eaux lorsque la pluie ravine les sols. Si le problème est connu de longue date, pointé dès 2005 par un rapport de l’Institut national de veille sanitaire (devenu depuis Santé publique France), il aura fallu attendre décembre 2023 pour que le plan des travaux soit enfin présenté, et une décision de justice un an plus tard pour rappeler à l’Etat ses obligations en la matière.

Evacuation et confinement des déchets

Après sept mois de travaux, c’est donc la fin de la première phase du chantier qui se concentrait sur sept dépôts répartis sur quatre sites, entre Samena et les Goudes, le long du littoral pas encore envahi par les visiteurs en ce début mai. Pour traiter les sites pollués, deux options ont été appliquées : l’évacuation des dépôts, transférés vers un site de traitement dans le Gard, ou le confinement de la zone polluée, le tout assorti de finitions paysagères d’autant plus soignées que l’on se trouve dans un site protégé.

Pendant les travaux, la qualité de l’air a été surveillée afin de s’assurer de l’absence d’impact sanitaire sur les riverains. (Patrick GHERDOUSSI/Divergence pour Libération)

A Samena, par exemple, «le gros des travaux a été de constituer des restanques avec la pose de murs en béton», détaille Mélody Gros, cheffe de projet pour l’Ademe. Derrière ces murs, le talus de scories a été confiné avec plusieurs couches hermétiques de géomembrane qui seront ensuite couvertes d’un éboulis calcaire pour mieux se fondre dans le décor. Plus bas, sur la plage, il a fallu enlever jusqu’à 50 centimètres de profondeur pour éliminer les scories. Les dépôts à évacuer se sont avérés plus importants que prévu : 3 500 tonnes contre 2 500 estimées au départ. Des complications, couplées à une météo exécrable en février, qui ont entraîné un mois de retard sur le chantier, finalement achevé fin avril. Un retard minime au vu de la complexité des opérations, relativise la préfecture, assurant que les surcoûts générés n’ont pas grevé les 14,9 millions d’euros de budget prévus pour l’opération globale. La somme comprend également la sécurisation du chantier, notamment la surveillance de la qualité de l’air durant les travaux, afin de s’assurer de l’absence d’impact sanitaire sur les riverains.

80 sites recensés

La mise en sécurité des sites étant bouclée dans les temps, les travaux de finition reprendront en septembre – le chantier doit s’interrompre durant l’été pour des enjeux de protection des espèces. C’est aussi à ce moment que démarreront les travaux de la phase 2, qui concernera une zone allant des Goudes à Callelongue. Là, ce sont 6 000 tonnes de scories qui doivent être évacuées sur neuf zones. Pour préparer cette seconde phase, la préfecture prévoit d’organiser une réunion d’information avec les habitants et les professionnels du territoire avant l’été. De quoi rassurer Roland Dadena, voisin des calanques et surtout membre actif de l’association Santé Littoral Sud , qui ferraille sur le dossier de la dépollution depuis des années. «Sur le déroulé du chantier, on a été agréablement surpris par la forme poussée de concertation», souligne-t-il, tout aussi satisfait du déroulement des travaux : «Ce qui était primordial, c’est qu’ils ont respecté la réglementation. Ils ont mis le temps, mais ils sont allés au bout de la démarche.»

En noir, des traces de scories, des déchets à forte teneur en plomb et en arsenic, dans les Calanques, à Marseille, en mai 2026. (Patrick GHERDOUSSI/Divergence pour Libération)

Restent, tout de même, quelques inconnues pour ternir cette entente retrouvée : si l’Etat prend en charge une vingtaine de sites sur les quelque 80 recensés, quid du traitement des autres ? Et surtout, qu’en est-il des sites privés de la zone, notamment l’ancienne usine tartrique Legré-Mante, fermée en 2009 ? Le site, racheté pour y implanter un projet immobilier, est en effet concerné par la décision de justice de décembre 2024 : le tribunal administratif a condamné l’Etat pour ses carences fautives et lui a enjoint de procéder, dans un délai de dix mois, à la «mise en sécurité» de la friche et du «crassier» de l’ancienne usine chimique et, parallèlement, à «imposer des prescriptions nécessaires à la dépollution du site» par son propriétaire, le fonds d’investissement suisse Ginkgo. Faute de quoi il devra «prendre des mesures pour les faire respecter», insiste le tribunal. Pour une dépollution complète du territoire, il va donc falloir attendre encore un peu.

Lien vers l’article sur le site de Libération

Effondrement d’un bâtiment de l’usine Legré Mante

On signale l’effondrement partiel d’un bâtiment du site Legré-Mante, proche de l’avenue de la Madrague de Montredon. Il est en surplomb du mur d’enceinte donnant sur l’avenue. Le mur-pignon du 1er bâtiment (visible au fond sur la photo) a été également dégradé.
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