La réhabilitation de l’usine Legré Mante à Montredon

L’usine de Legré Mante, fermée définitivement en 2009, a été en activité pendant plus d’un siècle. Dans ses fours et ses cuves on a produit et travaillé du plomb (extraction du métal depuis le minerai brut), de la soude, puis de l’acide tartrique. Les batiments de l’usine sont entourés par 8,5 hectares de terrains pollués, comprenant entre autres une décharge de scories toxiques en bord de mer, une cheminée rampante et des bassins d’accumulation des eaux polluées. Les résidus des activités de l’usine ont laissé des niveaux de concentration jusqu’à 500 fois supérieurs aux seuils d’alerte pour 35 polluants, parmi lesquels du plomb, de l’arsenic, du mercure, du cadmium, du zinc, de l’antimoine, de l’amiante…

Une pollution des sols « inacceptable pour la santé publique » est attestée par plusieurs études réalisées entre 1996 et 2011. Une étude réalisée par l’InVS (Institut National de Veille Sanitaire) montre l’impact des polluants sur l’air et l’eau et souligne que le ré-envol des poussières et particules contaminées par les métaux lourds constitue un danger majeur pour la population.

Depuis 2010 le site Legré Mante a suscité l’intérêt de promoteurs immobiliers liés aux anciens propriétaires de l’usine. Il a fait l’objet de plusieurs projets immobiliers, prévoyant la réhabilitation des bâtiments existants et la réalisation de dizaines de milliers de m2 de nouvelles constructions. Les promoteurs ont essayé d’économiser sur les mesures de dépollution prévues par la loi pour les sites qui présentent ces niveaux de pollution, et ont proposé des projets ne tenant aucun compte des caractéristiques et des problèmes du Littoral Sud, notamment ceux liés à la circulation et à la saturation du quartier.

Données sur la concentration de plomb et autres polluants dans les sols du site Legré Mante et des environs

Source: Agence Régionale de Santé, ADEME

Télécharger la Documentation scientifique sur la pollution du site Legré Mante (source Ministère de la santé).

A deux reprises des associations de citoyens (parmi lesquelles l’ASLS) se sont battues contre ces projets, non pas parce que nous sommes opposés à la dépollution et à la réhabilitation de cette bombe chimique à retardement, mais parce que les habitants du quartier en ont marre des promesses non tenues :

L’ASLS demande :

  • une dépollution effectuée sur l’ensemble du site en respectant les plus hauts standards de sécurité

  • un projet dont la taille soit compatible avec les graves problèmes de saturation et circulation du quartier

  • une réhabilitation qui ouvre cet espace à la vie des habitants des environs et qui tienne compte des besoins du quartier

La justice a donné raison à notre Association et à ses partenaires à plusieurs reprises: en 2013 et en 2024 les actions de l’ASLS, de Fare Sud et de l’Union Calanques Littoral ont amené à l’annulation des permis de construire. Ginkgo, le fond d’investissement « Private Equity » qui est actuellement le propriétaire du site, a été condamné à dépolluer l’usine et les alentours, y compris le dépot de scories de la plage de la Verrerie et la cheminée rampante.

 

Histoire de l’usine et du projet de réhabilitation du site Legré Mante

 

1875 -1883 : Fonderie de plomb argentifère, associée à une unité de production de soude (Hilarion- Roux)

1888 -2009 : Usine d’Acide Sulfurique, citrique, tartrique, sel de seignette, crème de tartre (dernier exploitant S.A.S Legré- Mante, liquidation judiciaire en 2009). La propriété du site passe à la Société Française des Produits Tartriques Mante (SFPTM).

Entre 2011 et 2013 : La mairie de Marseille délivre plusieurs permis de construire sur ces terrains. Deux arrêtés préfectoraux pris en 2012 autorisent le changement d’usage des sols.

2011 : Création du COMITE SANTE LITTORAL SUD, qui alerte les autorités (mairie et préfecture) sur le fait que toutes les études et diagnostics prévus par la réglementation n’ont pas été réalisés. Cela est pourtant indispensable pour définir une prévention sanitaire efficace. Soutenu par 25 associations et CIQ, le Comité alerte régulièrement les pouvoirs publics sur les dangers (45000 habitants dans un rayon de 3 km autour du site) et demande l’ouverture d’une concertation sur la dépollution.

2013 : A la suite du recours du CIQ Madrague, le tribunal administratif de Marseille annule le permis principal (265 logements) pour non-respect de la loi Littoral et défaut d’assainissement.

2014 : Les associations et plusieurs CIQ du quartier unissent leur action et obtiennent du promoteur le retrait du permis qui avait été redéposé un an après son annulation par le tribunal.

Fin 2015 : Le Préfet maintient les arrêtés autorisant les constructions. Pourtant, selon la réglementation des sols pollués, consultable sur le site du Ministère et de la Préfecture, il y a absence d’une étude appelée : Interprétation de l’Etat des Milieux (I.E.M.), prévue pour analyser les risques sanitaires des populations, notamment lors de la mise à l’arrêt d’une usine polluée.

D’autres dispositifs de protection et prévention de la santé des populations devraient également être prévus, notamment : La surveillance sanitaire des écoles maternelle et communale (situées à 100 mètres du site), l’analyse de l’air et de l’eau à proximité du site et sa mise en sécurité effective en attendant un plan de dépollution.

2017 : La SFTP Mante, propriétaire du site Legré Mante, est achetée par le fonds d’investissement (Private Equity Fund) Ginkgo, basé en Suisse, qui fait partie du regroupement de fonds d’investissement Edmond de Rotschild. Le PDG de la SFTP Mante, Bruno Farber, est aussi le PDG de Ginkgo.

2018 : Ginkgo conçoit et présente un nouveau projet nommé « Calanque 195 » prévoyant la construction et le réaménagement de bâtiments sur le site Legré Mante pour 332 logements et une surface de plancher encore plus imposante que celle prévue par le projet annulé en 2014.

2019 : Suite à la demande de toutes les associations pour empêcher les envols de poussières contaminées, Ginkgo s’engage publiquement à réaliser la totalité des travaux de dépollution et terrassements sous tentes étanches pressurisées. La décharge en bord de mer et la colline ne sont pas incluses dans ces mesures.

2020 : L’actuelle Mairie s’engage à faire respecter ces mesures de confinement des terrassements et du désamiantage promises par Ginkgo, et promet la mise en place de mesures concrètes (Zone à Trafic Limité) pour faire face aux problèmes de circulation.

2022 : Une enquête publique municipale permettant aux habitants du quartier d’exprimer leurs opinions sur le projet est lancée et reçoit un grand nombre d’observations qui expriment l’inquiétude des habitants concernant l’impact du projet sur la circulation et la santé. Les observations sont de fait ignorées par les autorités et par Ginkgo.

Juin 2023 : Un comité de vigilance est chargé de surveiller la dépollution : il réunit les représentants des autorités, des associations et du constructeur. Ginkgo annonce au comité de vigilance vouloir faire marche arrière sur le niveau de la dépollution :
-La grande majorité de la surface polluée par les métaux lourds ne sera plus protégée contre l’envol des poussières par des tentes pressurisées.
-Les mesures de protection sont réduites à une brumisation d’eau et à l’arrêt des travaux en cas de vent dépassant les 50 km/h en moyenne (pendant les derniers jours de Mistral le vent n’a pas atteint cette limite).
-Le coût de la dépollution descend à 11,5 millions d’euros, la moitié de la somme évaluée lors des précédentes études scientifiques.
-Ginkgo promet d’élargir les voies devant la friche, ce qui n’aura aucun impact réel sur la circulation. Le projet de ZTL n’est plus à l’ordre du jour.

Janvier 2023 : La Mairie de Marseille délivre les permis de construire pour le projet Calanque 195 de Ginkgo en ignorant les réserves formulées suite à l’enquête publique. Les travaux de dépollution prévus sur le site sont réduits au minimum afin de permettre à Ginkgo d’économiser au détriment de la santé des habitants du quartier. Les préoccupations sur la circulation ne sont pas réellement adressées, le promoteur se limite à formuler de vagues promesses sur un renforcement des transports publics qui ne dépend pas de sa volonté et devrait être fait avec des fonds publics.

Le projet de Ginkgo, derrière une façade éco-responsable, de fait ne prévoit pas une dépollution approfondie. Les promesses d’une dépollution « à la règle de l’art » formulées devant la population du quartier disparaissent lorsque le permis de construire est délivré. Les mesures de protection du chantier sont minimisées: par exemple, la dépollution sous tentes est remplacée par des techniques de brumisation inéfficaces en cas de vent, les seuils au-dessus desquels la dépollution des différentes parties du site est prévue sont plus élevés de ce qui impose la réglementation sur les sols pollués. En outre, la décharge en bord de mer (crassier) de la Verrerie et la cheminée rampante sur la colline font l’objet d’un fractionnement cadastral douteux afin d’exempter les propriétaires de dépolluer ces zones hautement pollluées situées à proximité des habitations des riverains. La cession d’une partie de la surface non constructible au Parc national des Calanques, présentée comme un acte généreux, permettrait en réalité à Ginkgo de se soustraire aux obligations de dépollution sur les terrains offerts: un véritable cadeau empoisonné à la collectivité.

2023 : Les associations ASLS, Fare Sud et Union Calanques Littoral déposent deux recours en justice contre les permis de construire octroyés à Ginkgo: le premier concerne l’impact sur l’urbanisation et la circulation du quartier et le non-respect de la Loi Littoral sur ces points, le deuxième est ancré sur l’allègement de toute mesure de dépollution sérieuse et demande aux autorités et au promoteur une prise en charge de la dépollution indépendamment de tout projet immobilier, comme prévu sur la législation qui encadre les sols pollués.

Juillet 2024 : Les associations gagnent le premier recours: le projet « Calanque 195 » de Ginkgo est jugé être en violation des obligations de la loi littoral, le permis de construire est annulé. Ginkgo présente un recours contre cette annulation.

Décembre 2024 : le recours de Ginkgo est rejeté par le Conseil d’État: l’annulation des permis de construire octroyés à Ginkgo est confirmée.

Décembre 2024 : Les trois associations ASLS, Fare Sud et Union Calanques Littoral gagnent aussi la deuxième action légale entreprise autour des dangers posés par la pollution du site Legré Mante et des autres usines désaffectées et décharges illégales de produits toxiques entre Montredon et Callelongue. L’État est obligé d’assumer la dépollution de ces sites: il doit contraindre Ginkgo à dépolluer le site Legré Mante avant octobre 2025 et prendre en charge la dépollution des autres sites avant fin 2028.

Publications à propos du Dossier Legré Mante

14 juillet – Marsactu – un fonds d’investissement prend la main pour dépolluer et construire à Legre-Mante

Voir l’article sur le site de marsactu

 

Des unités de production d’acide tartrique sont restées en l’état dans l’usine abandonnée. (photo : Loïs Elziere)

En haut, la photo de l’usine sur le site internet de Ginkgo, en bas une photo prise cette semaine. Une cuve, destinée semble-t-il au stockage d’acide sulfurique, a disparu.

La cheminée historique servait lorsque l’usine produisait encore du plomb (photo : Loïs Elziere)

 

7 juillet 2017 – La Marseillaise – [#Photos] La démolition sauvage de l’usine chimique de Legré-Mante à Marseille

Un démantèlement sauvage, sans permis s’opère dans l’ancienne usine chimique Legré-Mante de Montredon à Marseille, àl’abandon depuis sa fermeture en juillet 2009. Un photographe a exposé jeudi des clichés saisissants et inquiétants des installations non sécurisées pourtant classées ICPE en raison du haut niveau de toxicité des produits restés sur place. Le site de 17 hectares en lisière du Parc National des Calanques, bien que fortement pollué, reste promis à la promotion immobilière.

Voir les articles

« [#Photos] La démolition sauvage de l’usine chimique de Legré-Mante à Marseille « sur le site de la Marseillaise du 7 juillet

Legré-Mante, l’usine en démantèlement sauvage du 10 juillet

Les archives de ce qui fut la Société Française des Acides tartriques Mante et Cie ont été volontairement incendiées. Photo DC / Didier pouzol L’utilisation de l’article, la reproduction, la diffusion est interdite – LMRS – (c) Copyright Journal La Marseillaise

 

Lettre ouverte des Habitants du Littoral Sud de Marseille Riverains de la Friche Industrielle polluée Legre-Mante

LETTRE OUVERTE DES HABITANTS DU LITTORAL SUD DE MARSEILLE RIVERAINS DE LA FRICHE INDUSTRIELLE POLLUEE LEGRE-MANTE

A Monsieur le Président de la République
A Monsieur le Ministre de la transition écologique et solidaire
A Madame la Ministre des Solidarités  et de la Santé
A Monsieur le Préfet de la région  Provence Alpes Côte d’Azur
A Monsieur le Maire de Marseille
A Monsieur le Président de la région PACA
A Madame la Présidente du département des Bouches du Rhône.
A Mesdames et Messieurs  les candidats aux élections législatives

Nous, riverains du site industriel classé ICPE LEGRE-MANTE demandons, quel que soit le devenir de cet ancien site industriel,  une dépollution sans danger pour la santé.
Avec le soutien des Associations et CIQ,  également signataires de cette lettre,               nous rappelons que :
Le littoral sud de Marseille et les Calanques, ont abrité au 19è siècle les industries polluantes écartées du centre ville de Marseille.
Le site de Legré-Mante a abrité successivement une fonderie de plomb, puis une usine d’acide sulfurique et d’acide tartrique. Il est lourdement pollué par les métaux lourds, (plomb, arsenic, cadmium, antimoine, zinc…) et par les produits chimiques issus des fabrications d’acides. Cette pollution de l’usine est reconnue, mais pas les dangers de dispersion des polluants.
Dans ce secteur,  très exposé aux vents, le principal danger pour la population est constitué par le  ré-envols de poussières contenant des particules fines (dites PM10 et PM2.5) chargées des métaux lourds et par l’érosion des terres et le ruissellement polluant les sédiments du littoral.
Une contamination découverte dans le groupe scolaire voisin Madrague de Montredon aurait dû alerter et inciter les pouvoirs publics à faire une campagne de mesures systématiques autour du site de l’usine comme cela avait été fait à juste titre en 2003 et 2005,  autour de de la fonderie de l’Escalette située à quelques centaines de mètres.
Et pourtant depuis la fermeture de l’usine en 2009, la connaissance des dangers sanitaires et des solutions de  dépollutions des sites pollués a  progressé et les populations sont protégées des expositions par plusieurs lois et règlements.*
Les plus hautes instances sanitaires de l’état ont établi une « méthodologie de gestion des sites pollués » pour empêcher l’exposition des riverains des friches industrielles, (circulaire adressée aux Préfets le 27 avril 2017 par les ministère de l’environnement et de la santé).

Malgré ces avancées, les autorités (Préfecture, Mairie) ont maintenu toutes les autorisations, permis de construire et arrêtés préfectoraux, sans d’étude d’impact sanitaire autour du site, ni concertation sur les mesures de prévention et protection des riverains.
*Au même titre que tous les sites et personnes concernées (riverains des usines, des autoroutes, des ports, terres traitées par épandage de produits pesticides), nous demandons à bénéficier de cette protection et exigeons l’application immédiate des dispositions législatives et réglementaires suivantes :
– La charte de l’environnement inscrite dans la constitution (extrait)
Art 1er- Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.                                                                                                                                  Art 5 – Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leur domaine d’attribution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.
– La convention d’Aarhus et, en particulier, son article 6  Le code de l’environnement         – 1°. Livre 1er dispositions communes  (extraits)
– 2°. Principe d’action préventive et de correction par priorité à la source, des atteintes à l’environnement                                                                                                                   – 3°. Principe pollueur-payeur selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et la lutte contre celle-ci doivent être supportées par le pollueur.     – 4°. Le principe selon lequel toute personne a le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques.
–La loi sur l’air de 1996 intégrée au code de l’environnement reconnait à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé,  voir  *Art L.221-1 à L.221-6)  *Art L.122-1 (partie législative) et R 122-5 du 1/1/2012 (partie règlementaire) Etuded’impact                                                                                                                     -Le code de la santé Publique, Art L 1334-1

Nous demandons en conséquence :
-La mise en sécurité effective du site de la friche industrielle Legré-Mante.
-La mise en place d’études sur l’impact des pollutions autour du site, d’un plan de surveillance de la qualité de l’air incluant le contrôle par des moyens adaptés des particules fines PM10 et PM2.5 et de l’eau.
-Une étude d’impact permettant d’évaluer la zone de ré-envol des poussières contaminées autour du site à l’occasion d’excavations, chantiers, transports et l’exposition effective des riverains.
-Un plan de dépollution sans danger pour la population.

Lettre ouverte à l’initiative de l’Association santé littoral sud, soutenue par les associations suivantes  (en cours )
…………………………………………………………………………………………………………………………………………….………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Je soussigné,  déclare m’associer à la signature de la « Lettre ouverte des habitants du littoral sud de Marseille, riverains de la friche industrielle polluée LEGRE-MANTE.
___________________________________________________________________________
NOM                       Prénom                 Adresse mail ou adresse                       signature                                                                          ___________________________________________________________________________

Marche pour une DÉPOLLUTION SANS DANGER POUR LA SANTÉ 4 fev

Marche pour une DÉPOLLUTION SANS DANGER POUR LA SANTÉ  de Legré Mante ! 4 février 2017 – Pointe Rouge – 10h30

Plus de 300 participants, la manifestation a été un franc succès !
Merci pour votre participation!

 Photo Claude Paris

Photo Claude Paris

Malgré une mauvaise météo, vous avez été des centaines à répondre, ce samedi, à l’appel pour la santé publique lancé par le CIQ Madrague la Rose, la Verrerie et le Comité santé littoral sud.

Nous vous tiendrons régulièrement informés de la poursuite des initiatives unitaires.
N’hésitez pas à nous contacter ou venir à nos permanences du lundi.
Merci aux nombreuses associations, CIQ et Elus municipaux * présents pour soutenir notre combat. Merci à la rédaction et aux journalistes de France3 pour l’article « Marseille: manifestation pour “une dépollution sans danger” et  le reportage JT 19h du 4/2/17.

* marche soutenue par 17 associations (1) et CIQ (2) et 3 Elus municipaux (3)


Voir les articles de presse



Photos

02_170205LEGRE MANTE08

Photo Claude Paris

 Photo Claude Paris

Photo Claude Paris

04_DSCF1467

05_DSCF1449

 



Marche pour la santé publique et pour une dépollution sans danger

samedi 4 février 2017, à 10 h 30, place J. Vidal à la Pointe-Rouge (8e)
A l’appel de Santé littoral Sud, CIQ du secteur et une dizaine d’associations.
Apportez vos masques anti-pollution, combinaisons, instruments de musique,

marche4fev17reu30janv17bandeau

marche_4fev

marche4fev17reu30janv17

Habitants des quartiers Sud : votre santé est en danger !

L’IRREPARABLE PEUT SE PRODUIRE !

La presse a fait écho des préparatifs de chantier sur le crassier de l’usine Legré-Mante en vue d’un projet de construction de villas en bord de mer. Ce crassier situé en bord de mer est une décharge toxique qui contient les déchets de l’usine depuis l’origine en 1874, notamment, plomb, arsenic, cadmium, mercure, sulfates, cyanure… sous forme de très fines poussières, de scories et de débris pollués.

Les particules de métaux lourds (appelées PM10 et PM 2,5) contenues dans ces fines poussières peuvent pénétrer directement dans le sang par inhalation ou ingestion. Elles sont très dangereuses pour la santé, même à court terme et à très faible dose, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes.

MOYENS DE PROTECTION INSUFFISANTS :

Le décompactage du crassier sera fait à l’air libre et va libérer les polluants accumulés dans le sol depuis des dizaines d’années qui se disperseront dans l’atmosphère. Or l’arrêt du chantier prévu par arrêté préfectoral n’interviendra qu’à partir de 60km/h de vent … Et les mesures complémentaires (brumisation, aspiration) pour limiter les envols de poussières ne sont pas des garanties suffisantes contre l’exposition aux particules fines.

La surveillance de la qualité de l’air et de l’eau ne sera pas réalisée indépendamment du promoteur, et les moyens techniques de mesure insuffisants car n’utilisant pas la technologie performante actuellement disponible.

LA SANTE PUBLIQUE DOIT ETRE RESPECTEE PAR UN ARRETE PREFECTORAL PROTECTEUR :

Conformément au code de l’environnement, la dépollution de l’usine Legré-Mante doit être reconsidérée sous le contrôle des pouvoirs publics, afin que la population ne soit pas exposée.

Un arrêté préfectoral doit réaffirmer l’obligation légale de dépollution par le responsable du site en évitant toute réexposition des riverains aux polluants contenus dans les sols et une surveillance en continu de la qualité de l’air et de l’eau doit être mise en place par un organisme indépendant agréé.

Le code de l’environnement impose également que la population soit préalablement informée et concertée sur les mesures de prévention de la santé publique. Il préconise également la mise en place d’une commission de suivi de site (CSS) avec la participation des riverains.

La santé publique doit être respectée !

Notre santé est un droit ! Dépollution dans le respect de la Santé Publique !

Exigeons des garantis contre les dangers de la dépollution !

Face au silence et l’absence de concertation de la part des pouvoirs publics, l’Association Santé Littoral Sud a été créée pour vous informer, n’hésitez pas à consulter son site :

http://www.comite-sante-littoral-sud.org

Elle tient également à votre disposition tous les documents qui vous seront adressés sur simple demande à l’adresse suivante : contact@comite-sante-littoral-sud.org

Téléchargez le tract de la Marche pour la Santé des Riverains de Legré Mante en PDF

tractmanif4fev13NB_recto

tractmanif4fev13NB_verso

6 janvier : Le chantier des 6 villas sur le crassier de l’usine Legré-Mante a-t-il débuté ?

Le 6 janvier 2017 des ouvriers et un petit engin de chantier ont fait leur apparition sur le crassier de l’usine Legré Mante .

Voici :

 Les photos prises le 6 janvier 2017

170106_travaux_crassier0

170106_travaux_crassier1

Note de l’ASLS expliquant les dangers sanitaires

Voici une note de l’ASLS expliquant les dangers sanitaires encourus par les riverains de la Madrague et au-delà dans tout le littoral sud

NOTES SUR LES DANGERS SANITAIRES

Friche industrielle Legré-Mante PERMIS DE LA PARCELLE B « 6 Villas de pêcheurs »)

A l’appui du permis signé le 12 juin 2013 et valable jusqu’au 12 juin 2017, la SFPTM a présenté 3 documents, le plan de gestion de la parcelle B Valgo, un addendum au plan de gestion, une étude de sol de la société Sol-Essais, le tout validé par l’arrêté préfectoral du 9 juillet 2012.

Caractérisation de la parcelle B

Communément appelée « crassier », c’est une décharge toxique ayant servi sans interruption depuis l’origine de l’usine en 1873. Elle se présente sous forme d’un remblai de 24000m3 en bord de mer, constitué de mâchefers et cendres de combustion des fours de la fonderie contenant des métaux lourds, (plomb, arsenic, mercure, cadmium et antimoine), puis de résidus de la fabrique d’acide tartrique ( cyanures, sulfates). Les sondages (Sol –Essais) révèlent des limons très fins, pulvérulents, mêlés à des débris de déconstruction de bâtiments. Sa composition est définie par l’arrêté préfectoral comme « inacceptable pour la santé publique ».

Caractérisation des polluants

La toxicité de ces polluants est soit de type CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique ), soit de type perturbateur endocrinien agissant à faible dose même sur une exposition limitée dans le temps et sans effet de seuil( période critique de croissance du fœtus ou de l’enfant). Le mode de contamination est l’ingestion ou l’inhalation de particules fines et ultrafines (PM 10 et PM2,5) véhiculant les polluants et pénétrant dans le système respiratoire puis le système sanguin.

Evaluation sanitaire autour du site :

A ce jour, aucune évaluation sur la santé des riverains habitants aux abords du crassier : ni étude d’impact, ni I.E.M. (Interprétation de l’état des milieux), ni campagne de mesure de la qualité de l’air (comme réalisé en 2003 sur le hameau d’habitation de l’Escalette).

Nature du Projet :

Il consiste à extraire 90% de la parcelle (environ 20 000 m3 de déchets) sur une profondeur d’environ 10m en contrebas de la route pour y construire ensuite une plateforme accueillant 6 villas (soit 3 groupes de 2 superposées). En complément la bordure littorale sera protégée par un enrochement et la route et les constructions mitoyennes (salle du grand Cercle du littoral) feront l’objet d’un confortement par tirants d’ancrage. (A noter que pour ces deux actions des études complémentaires (APD) devraient être fournies avant démarrage des travaux.)

-Il n’est pas mentionné si le pétitionnaire a obtenu un arrêté préfectoral spécifique au titre de la loi sur l’eau et les milieux aquatique ou a satisfait aux formalités de demande (nomenclature eau), ou s’il a satisfait à une obligation de passage en commission des sites et paysages (commission CDNPS)

Caractérisation du danger sanitaire.

Le principal danger provient de la contamination particulaire PM10 et PM2.5 des habitants du village de la Madrague, suite à décompactage des sols du crassier. Le régime de vent en période hivernale est principalement orienté nord-sud et balaie les sols pour impacter directement les habitations.

-Or le dispositif prévu par le plan de gestion et validé par l’arrêté préfectoral utilisera des plaquettes AFNOR de recueil de poussières sédimentables de taille supérieures à 100µm, ainsi qu’un appareil de chantier portatif de mesures instantanées de particules qui ne rendra pas compte non plus du taux d’élévation réel qui pourrait être constaté au niveau des habitations. Ce dispositif de mesure prévu (AFNOR normes NFX 43-007), est efficace pour évaluer l’empoussièrement aux abords des carrières et des chantiers , mais est inadapté pour la mesure de la contamination par les PM10 et PM 2.5, laquelle est quantifiable par la technique éprouvée des « préleveurs de particules avec séparateur en fonction de la taille et analyse chimique des particules » (Ce matériel est aujourd’hui couramment utilisé par AIR-Paca dans la recherche des métaux lourds)

Ainsi les mesures conservatoires (brumisation, aspiration, arrêt du chantier), déclenchées à postériori à partir de données recueillies par un appareillage non adapté ne constituent pas une protection suffisante pour garantir l’absence d’exposition à la pollution qui est le premier objectif à atteindre dans le cadre de la dépollution du crassier.

Il est à souligner également qu’aucun dispositif de bâchage n’est prévu sur le site, alors qu’ au fil de l’avancement du chantier, les zones excavées se trouveront décompactées et mises à nue, sans barrière à la dispersion dans l’atmosphère comme à l’érosion vers la mer. De même, aucun dispositif n’est défini concernant les matériaux qui seront transportés pour y être criblés dans des bâtiments de la parcelle C.

En conclusion :

Dans un contexte aussi sensible du fait de la toxicité des polluants , des contraintes de l’environnement du site, et de la proximité du village de la Madrague directement exposé, la seule règle acceptable pour la santé publique et le respect des intérêts visés à l’article L511-11 du code de l’environnement est que :

-La dépollution ne constitue pas elle-même une source de pollution pour les riverains.

-Que l’absence d’exposition des riverains soit la règle de mesure et l’objectif de toute étude puis réalisation de réhabilitation du site.

Association santé littoral sud – 5/1/2017

Share This