L’usine de Legré Mante, fermée définitivement en 2009, a été en activité pendant plus d’un siècle. Dans ses fours et ses cuves on a produit et travaillé du plomb (extraction du métal depuis le minerai brut), de la soude, puis de l’acide tartrique. Les batiments de l’usine sont entourés par 8,5 hectares de terrains pollués, comprenant entre autres une décharge de scories toxiques en bord de mer, une cheminée rampante et des bassins d’accumulation des eaux polluées. Les résidus des activités de l’usine ont laissé des niveaux de concentration jusqu’à 500 fois supérieurs aux seuils d’alerte pour 35 polluants, parmi lesquels du plomb, de l’arsenic, du mercure, du cadmium, du zinc, de l’antimoine, de l’amiante…
Une pollution des sols « inacceptable pour la santé publique » est attestée par plusieurs études réalisées entre 1996 et 2011. Une étude réalisée par l’InVS (Institut National de Veille Sanitaire) montre l’impact des polluants sur l’air et l’eau et souligne que le ré-envol des poussières et particules contaminées par les métaux lourds constitue un danger majeur pour la population.
Depuis 2010 le site Legré Mante a suscité l’intérêt de promoteurs immobiliers liés aux anciens propriétaires de l’usine. Il a fait l’objet de plusieurs projets immobiliers, prévoyant la réhabilitation des bâtiments existants et la réalisation de dizaines de milliers de m2 de nouvelles constructions. Les promoteurs ont essayé d’économiser sur les mesures de dépollution prévues par la loi pour les sites qui présentent ces niveaux de pollution, et ont proposé des projets ne tenant aucun compte des caractéristiques et des problèmes du Littoral Sud, notamment ceux liés à la circulation et à la saturation du quartier.
Données sur la concentration de plomb et autres polluants dans les sols du site Legré Mante et des environs
Source: Agence Régionale de Santé, ADEME
A deux reprises des associations de citoyens (parmi lesquelles l’ASLS) se sont battues contre ces projets, non pas parce que nous sommes opposés à la dépollution et à la réhabilitation de cette bombe chimique à retardement, mais parce que les habitants du quartier en ont marre des promesses non tenues :
L’ASLS demande :
-
une dépollution effectuée sur l’ensemble du site en respectant les plus hauts standards de sécurité
-
un projet dont la taille soit compatible avec les graves problèmes de saturation et circulation du quartier
-
une réhabilitation qui ouvre cet espace à la vie des habitants des environs et qui tienne compte des besoins du quartier
La justice a donné raison à notre Association et à ses partenaires à plusieurs reprises: en 2013 et en 2024 les actions de l’ASLS, de Fare Sud et de l’Union Calanques Littoral ont amené à l’annulation des permis de construire. Ginkgo, le fond d’investissement « Private Equity » qui est actuellement le propriétaire du site, a été condamné à dépolluer l’usine et les alentours, y compris le dépot de scories de la plage de la Verrerie et la cheminée rampante.
Histoire de l’usine et du projet de réhabilitation du site Legré Mante
1875 -1883 : Fonderie de plomb argentifère, associée à une unité de production de soude (Hilarion- Roux)
1888 -2009 : Usine d’Acide Sulfurique, citrique, tartrique, sel de seignette, crème de tartre (dernier exploitant S.A.S Legré- Mante, liquidation judiciaire en 2009). La propriété du site passe à la Société Française des Produits Tartriques Mante (SFPTM).
Entre 2011 et 2013 : La mairie de Marseille délivre plusieurs permis de construire sur ces terrains. Deux arrêtés préfectoraux pris en 2012 autorisent le changement d’usage des sols.
2011 : Création du COMITE SANTE LITTORAL SUD, qui alerte les autorités (mairie et préfecture) sur le fait que toutes les études et diagnostics prévus par la réglementation n’ont pas été réalisés. Cela est pourtant indispensable pour définir une prévention sanitaire efficace. Soutenu par 25 associations et CIQ, le Comité alerte régulièrement les pouvoirs publics sur les dangers (45000 habitants dans un rayon de 3 km autour du site) et demande l’ouverture d’une concertation sur la dépollution.
2013 : A la suite du recours du CIQ Madrague, le tribunal administratif de Marseille annule le permis principal (265 logements) pour non-respect de la loi Littoral et défaut d’assainissement.
2014 : Les associations et plusieurs CIQ du quartier unissent leur action et obtiennent du promoteur le retrait du permis qui avait été redéposé un an après son annulation par le tribunal.
Fin 2015 : Le Préfet maintient les arrêtés autorisant les constructions. Pourtant, selon la réglementation des sols pollués, consultable sur le site du Ministère et de la Préfecture, il y a absence d’une étude appelée : Interprétation de l’Etat des Milieux (I.E.M.), prévue pour analyser les risques sanitaires des populations, notamment lors de la mise à l’arrêt d’une usine polluée.
D’autres dispositifs de protection et prévention de la santé des populations devraient également être prévus, notamment : La surveillance sanitaire des écoles maternelle et communale (situées à 100 mètres du site), l’analyse de l’air et de l’eau à proximité du site et sa mise en sécurité effective en attendant un plan de dépollution.
2017 : La SFTP Mante, propriétaire du site Legré Mante, est achetée par le fonds d’investissement (Private Equity Fund) Ginkgo, basé en Suisse, qui fait partie du regroupement de fonds d’investissement Edmond de Rotschild. Le PDG de la SFTP Mante, Bruno Farber, est aussi le PDG de Ginkgo.
2018 : Ginkgo conçoit et présente un nouveau projet nommé « Calanque 195 » prévoyant la construction et le réaménagement de bâtiments sur le site Legré Mante pour 332 logements et une surface de plancher encore plus imposante que celle prévue par le projet annulé en 2014.
2019 : Suite à la demande de toutes les associations pour empêcher les envols de poussières contaminées, Ginkgo s’engage publiquement à réaliser la totalité des travaux de dépollution et terrassements sous tentes étanches pressurisées. La décharge en bord de mer et la colline ne sont pas incluses dans ces mesures.
2020 : L’actuelle Mairie s’engage à faire respecter ces mesures de confinement des terrassements et du désamiantage promises par Ginkgo, et promet la mise en place de mesures concrètes (Zone à Trafic Limité) pour faire face aux problèmes de circulation.
2022 : Une enquête publique municipale permettant aux habitants du quartier d’exprimer leurs opinions sur le projet est lancée et reçoit un grand nombre d’observations qui expriment l’inquiétude des habitants concernant l’impact du projet sur la circulation et la santé. Les observations sont de fait ignorées par les autorités et par Ginkgo.
Juin 2023 : Un comité de vigilance est chargé de surveiller la dépollution : il réunit les représentants des autorités, des associations et du constructeur. Ginkgo annonce au comité de vigilance vouloir faire marche arrière sur le niveau de la dépollution :
-La grande majorité de la surface polluée par les métaux lourds ne sera plus protégée contre l’envol des poussières par des tentes pressurisées.
-Les mesures de protection sont réduites à une brumisation d’eau et à l’arrêt des travaux en cas de vent dépassant les 50 km/h en moyenne (pendant les derniers jours de Mistral le vent n’a pas atteint cette limite).
-Le coût de la dépollution descend à 11,5 millions d’euros, la moitié de la somme évaluée lors des précédentes études scientifiques.
-Ginkgo promet d’élargir les voies devant la friche, ce qui n’aura aucun impact réel sur la circulation. Le projet de ZTL n’est plus à l’ordre du jour.
Janvier 2023 : La Mairie de Marseille délivre les permis de construire pour le projet Calanque 195 de Ginkgo en ignorant les réserves formulées suite à l’enquête publique. Les travaux de dépollution prévus sur le site sont réduits au minimum afin de permettre à Ginkgo d’économiser au détriment de la santé des habitants du quartier. Les préoccupations sur la circulation ne sont pas réellement adressées, le promoteur se limite à formuler de vagues promesses sur un renforcement des transports publics qui ne dépend pas de sa volonté et devrait être fait avec des fonds publics.
Le projet de Ginkgo, derrière une façade éco-responsable, de fait ne prévoit pas une dépollution approfondie. Les promesses d’une dépollution « à la règle de l’art » formulées devant la population du quartier disparaissent lorsque le permis de construire est délivré. Les mesures de protection du chantier sont minimisées: par exemple, la dépollution sous tentes est remplacée par des techniques de brumisation inéfficaces en cas de vent, les seuils au-dessus desquels la dépollution des différentes parties du site est prévue sont plus élevés de ce qui impose la réglementation sur les sols pollués. En outre, la décharge en bord de mer (crassier) de la Verrerie et la cheminée rampante sur la colline font l’objet d’un fractionnement cadastral douteux afin d’exempter les propriétaires de dépolluer ces zones hautement pollluées situées à proximité des habitations des riverains. La cession d’une partie de la surface non constructible au Parc national des Calanques, présentée comme un acte généreux, permettrait en réalité à Ginkgo de se soustraire aux obligations de dépollution sur les terrains offerts: un véritable cadeau empoisonné à la collectivité.
2023 : Les associations ASLS, Fare Sud et Union Calanques Littoral déposent deux recours en justice contre les permis de construire octroyés à Ginkgo: le premier concerne l’impact sur l’urbanisation et la circulation du quartier et le non-respect de la Loi Littoral sur ces points, le deuxième est ancré sur l’allègement de toute mesure de dépollution sérieuse et demande aux autorités et au promoteur une prise en charge de la dépollution indépendamment de tout projet immobilier, comme prévu sur la législation qui encadre les sols pollués.
Juillet 2024 : Les associations gagnent le premier recours: le projet « Calanque 195 » de Ginkgo est jugé être en violation des obligations de la loi littoral, le permis de construire est annulé. Ginkgo présente un recours contre cette annulation.
Décembre 2024 : le recours de Ginkgo est rejeté par le Conseil d’État: l’annulation des permis de construire octroyés à Ginkgo est confirmée.
Décembre 2024 : Les trois associations ASLS, Fare Sud et Union Calanques Littoral gagnent aussi la deuxième action légale entreprise autour des dangers posés par la pollution du site Legré Mante et des autres usines désaffectées et décharges illégales de produits toxiques entre Montredon et Callelongue. L’État est obligé d’assumer la dépollution de ces sites: il doit contraindre Ginkgo à dépolluer le site Legré Mante avant octobre 2025 et prendre en charge la dépollution des autres sites avant fin 2028.
Publications à propos du Dossier Legré Mante
7 février – La Provence « Legré-Mante : 300 marcheurs pour la santé »
Marche pour une DÉPOLLUTION SANS DANGER POUR LA SANTÉ 4 fev
Marche pour une DÉPOLLUTION SANS DANGER POUR LA SANTÉ de Legré Mante ! 4 février 2017 – Pointe Rouge – 10h30
Plus de 300 participants, la manifestation a été un franc succès !
Merci pour votre participation!
Malgré une mauvaise météo, vous avez été des centaines à répondre, ce samedi, à l’appel pour la santé publique lancé par le CIQ Madrague la Rose, la Verrerie et le Comité santé littoral sud.
Nous vous tiendrons régulièrement informés de la poursuite des initiatives unitaires.
N’hésitez pas à nous contacter ou venir à nos permanences du lundi.
Merci aux nombreuses associations, CIQ et Elus municipaux * présents pour soutenir notre combat. Merci à la rédaction et aux journalistes de France3 pour l’article « Marseille: manifestation pour “une dépollution sans danger” et le reportage JT 19h du 4/2/17.
* marche soutenue par 17 associations (1) et CIQ (2) et 3 Elus municipaux (3)
- (3) Annie Levy-Mozziconnacci conseillère municipale PS, Marie Françoise PALLOIX conseillère d’arrondissement PCF, Hervé MENCHON conseiller d’arrondissement EELV.
Voir les articles de presse
- 4 fev France3 : site et reportage JT « manifestation pour “une dépollution sans danger” »
- 4-6 fév site et presse La Marseillaise – (marche)
- 7 fev Marseille : l’opposition peine à déterrer l’enquête sur la pollution de Legré-Mante
- 3 fev Marsactu – Manifestation pour une politique de dépollution du littoral et de prévention des risques
- 2 fév la Marseillaise « Vues sur mer, mais les pieds dans le crassier »
- 2 fév La Provence – « Quand Legré-Mante s’invite en séance »
- 1 fév La Provence – « les riverains manifestent leur inquiétude »
Photos
Marche pour la santé publique et pour une dépollution sans danger
Habitants des quartiers Sud : votre santé est en danger !
L’IRREPARABLE PEUT SE PRODUIRE !
La presse a fait écho des préparatifs de chantier sur le crassier de l’usine Legré-Mante en vue d’un projet de construction de villas en bord de mer. Ce crassier situé en bord de mer est une décharge toxique qui contient les déchets de l’usine depuis l’origine en 1874, notamment, plomb, arsenic, cadmium, mercure, sulfates, cyanure… sous forme de très fines poussières, de scories et de débris pollués.
Les particules de métaux lourds (appelées PM10 et PM 2,5) contenues dans ces fines poussières peuvent pénétrer directement dans le sang par inhalation ou ingestion. Elles sont très dangereuses pour la santé, même à court terme et à très faible dose, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes.
MOYENS DE PROTECTION INSUFFISANTS :
Le décompactage du crassier sera fait à l’air libre et va libérer les polluants accumulés dans le sol depuis des dizaines d’années qui se disperseront dans l’atmosphère. Or l’arrêt du chantier prévu par arrêté préfectoral n’interviendra qu’à partir de 60km/h de vent … Et les mesures complémentaires (brumisation, aspiration) pour limiter les envols de poussières ne sont pas des garanties suffisantes contre l’exposition aux particules fines.
La surveillance de la qualité de l’air et de l’eau ne sera pas réalisée indépendamment du promoteur, et les moyens techniques de mesure insuffisants car n’utilisant pas la technologie performante actuellement disponible.
LA SANTE PUBLIQUE DOIT ETRE RESPECTEE PAR UN ARRETE PREFECTORAL PROTECTEUR :
Conformément au code de l’environnement, la dépollution de l’usine Legré-Mante doit être reconsidérée sous le contrôle des pouvoirs publics, afin que la population ne soit pas exposée.
Un arrêté préfectoral doit réaffirmer l’obligation légale de dépollution par le responsable du site en évitant toute réexposition des riverains aux polluants contenus dans les sols et une surveillance en continu de la qualité de l’air et de l’eau doit être mise en place par un organisme indépendant agréé.
Le code de l’environnement impose également que la population soit préalablement informée et concertée sur les mesures de prévention de la santé publique. Il préconise également la mise en place d’une commission de suivi de site (CSS) avec la participation des riverains.
La santé publique doit être respectée !
Notre santé est un droit ! Dépollution dans le respect de la Santé Publique !
Exigeons des garantis contre les dangers de la dépollution !
Face au silence et l’absence de concertation de la part des pouvoirs publics, l’Association Santé Littoral Sud a été créée pour vous informer, n’hésitez pas à consulter son site :
http://www.comite-sante-littoral-sud.org
Elle tient également à votre disposition tous les documents qui vous seront adressés sur simple demande à l’adresse suivante : contact@comite-sante-littoral-sud.org
Téléchargez le tract de la Marche pour la Santé des Riverains de Legré Mante en PDF
20 fév La Provence « Les Villas au bord de l’eau n’étaient pas conforme au PLU »
6 janvier : Le chantier des 6 villas sur le crassier de l’usine Legré-Mante a-t-il débuté ?
Le 6 janvier 2017 des ouvriers et un petit engin de chantier ont fait leur apparition sur le crassier de l’usine Legré Mante .
Voici :
- Des photos prises le 6 janvier 2017
- Une note de l’ASLS expliquant les dangers sanitaires encourus par les riverains de la Madrague et au-delà dans tout le littoral sud
- Voir aussi l’article de La Provence du 20 février 2017
- Voir aussi les articles dans la presse et en ligne et reportage JT 19-20 FR3 Marseille sur les travaux sur le crassier
Les photos prises le 6 janvier 2017
Note de l’ASLS expliquant les dangers sanitaires
Voici une note de l’ASLS expliquant les dangers sanitaires encourus par les riverains de la Madrague et au-delà dans tout le littoral sud
NOTES SUR LES DANGERS SANITAIRES
Friche industrielle Legré-Mante PERMIS DE LA PARCELLE B « 6 Villas de pêcheurs »)
A l’appui du permis signé le 12 juin 2013 et valable jusqu’au 12 juin 2017, la SFPTM a présenté 3 documents, le plan de gestion de la parcelle B Valgo, un addendum au plan de gestion, une étude de sol de la société Sol-Essais, le tout validé par l’arrêté préfectoral du 9 juillet 2012.
Caractérisation de la parcelle B
Communément appelée « crassier », c’est une décharge toxique ayant servi sans interruption depuis l’origine de l’usine en 1873. Elle se présente sous forme d’un remblai de 24000m3 en bord de mer, constitué de mâchefers et cendres de combustion des fours de la fonderie contenant des métaux lourds, (plomb, arsenic, mercure, cadmium et antimoine), puis de résidus de la fabrique d’acide tartrique ( cyanures, sulfates). Les sondages (Sol –Essais) révèlent des limons très fins, pulvérulents, mêlés à des débris de déconstruction de bâtiments. Sa composition est définie par l’arrêté préfectoral comme « inacceptable pour la santé publique ».
Caractérisation des polluants
La toxicité de ces polluants est soit de type CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique ), soit de type perturbateur endocrinien agissant à faible dose même sur une exposition limitée dans le temps et sans effet de seuil( période critique de croissance du fœtus ou de l’enfant). Le mode de contamination est l’ingestion ou l’inhalation de particules fines et ultrafines (PM 10 et PM2,5) véhiculant les polluants et pénétrant dans le système respiratoire puis le système sanguin.
Evaluation sanitaire autour du site :
A ce jour, aucune évaluation sur la santé des riverains habitants aux abords du crassier : ni étude d’impact, ni I.E.M. (Interprétation de l’état des milieux), ni campagne de mesure de la qualité de l’air (comme réalisé en 2003 sur le hameau d’habitation de l’Escalette).
Nature du Projet :
Il consiste à extraire 90% de la parcelle (environ 20 000 m3 de déchets) sur une profondeur d’environ 10m en contrebas de la route pour y construire ensuite une plateforme accueillant 6 villas (soit 3 groupes de 2 superposées). En complément la bordure littorale sera protégée par un enrochement et la route et les constructions mitoyennes (salle du grand Cercle du littoral) feront l’objet d’un confortement par tirants d’ancrage. (A noter que pour ces deux actions des études complémentaires (APD) devraient être fournies avant démarrage des travaux.)
-Il n’est pas mentionné si le pétitionnaire a obtenu un arrêté préfectoral spécifique au titre de la loi sur l’eau et les milieux aquatique ou a satisfait aux formalités de demande (nomenclature eau), ou s’il a satisfait à une obligation de passage en commission des sites et paysages (commission CDNPS)
Caractérisation du danger sanitaire.
Le principal danger provient de la contamination particulaire PM10 et PM2.5 des habitants du village de la Madrague, suite à décompactage des sols du crassier. Le régime de vent en période hivernale est principalement orienté nord-sud et balaie les sols pour impacter directement les habitations.
-Or le dispositif prévu par le plan de gestion et validé par l’arrêté préfectoral utilisera des plaquettes AFNOR de recueil de poussières sédimentables de taille supérieures à 100µm, ainsi qu’un appareil de chantier portatif de mesures instantanées de particules qui ne rendra pas compte non plus du taux d’élévation réel qui pourrait être constaté au niveau des habitations. Ce dispositif de mesure prévu (AFNOR normes NFX 43-007), est efficace pour évaluer l’empoussièrement aux abords des carrières et des chantiers , mais est inadapté pour la mesure de la contamination par les PM10 et PM 2.5, laquelle est quantifiable par la technique éprouvée des « préleveurs de particules avec séparateur en fonction de la taille et analyse chimique des particules » (Ce matériel est aujourd’hui couramment utilisé par AIR-Paca dans la recherche des métaux lourds)
Ainsi les mesures conservatoires (brumisation, aspiration, arrêt du chantier), déclenchées à postériori à partir de données recueillies par un appareillage non adapté ne constituent pas une protection suffisante pour garantir l’absence d’exposition à la pollution qui est le premier objectif à atteindre dans le cadre de la dépollution du crassier.
Il est à souligner également qu’aucun dispositif de bâchage n’est prévu sur le site, alors qu’ au fil de l’avancement du chantier, les zones excavées se trouveront décompactées et mises à nue, sans barrière à la dispersion dans l’atmosphère comme à l’érosion vers la mer. De même, aucun dispositif n’est défini concernant les matériaux qui seront transportés pour y être criblés dans des bâtiments de la parcelle C.
En conclusion :
Dans un contexte aussi sensible du fait de la toxicité des polluants , des contraintes de l’environnement du site, et de la proximité du village de la Madrague directement exposé, la seule règle acceptable pour la santé publique et le respect des intérêts visés à l’article L511-11 du code de l’environnement est que :
-La dépollution ne constitue pas elle-même une source de pollution pour les riverains.
-Que l’absence d’exposition des riverains soit la règle de mesure et l’objectif de toute étude puis réalisation de réhabilitation du site.
Association santé littoral sud – 5/1/2017
lettre au préfet : Signalement d’une activité génératrice de poussières toxiques sur la décharge ICPE Legré-Mante- 12 janvier 2017
Suite à la présence le vendredi 6 janvier d’une entreprise équipée d’engins de chantier engagée dans la réalisation d’un portail.
Association santé littoral sud
Monsieur le Préfet des Bouches du Rhône
Place Félix Baret CS 80001 13282 Marseille Cedex 06
Marseille le 12 janvier 2017
Objet : signalement d’une activité génératrice de poussières toxiques sur la décharge ICPE Legré-Mante – Parcelle B 164, avenue de la Madrague de Montre don 13008 Marseille – (L.R.A.C.)
Monsieur le Préfet,
Il nous parait urgent pour la santé publique d’attirer votre attention sur la présence le vendredi 6 janvier d’une entreprise équipée d’engins de chantier engagée dans la réalisation d’un portail.
Or ce terrain qui est la décharge de la friche industrielle ne fait actuellement l’objet d’aucune mesure de prévention contre l’envol des poussières et des particules fines pouvant affecter les riverains.
Nous avons également été surpris de constater que les personnels présents ne portaient aucun équipement de protection.
A cet effet nous vous adressons une série de photos effectuées le vendredi 6 janvier montrant que le sol a été mis à nu.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet l’expression de notre très haute considération
Pour l’ASLS Rolland DADENA Membre du conseil d’administration
Copie à
– Monsieur le Maire de Marseille
– Monsieur le Dr Départemental de la Direccte
– Monsieur le Dr Régional de l’ARS
contact@comite.sante.littoral.sud .com site internet : www.comite-sante-littoral-sud.org C/Centre social Mer et Colline 16,bd de la verrerie 13008 Marseille
Articles et reportage JT 19-20 FR3 Marseille sur les travaux sur le crassier
Démarrage du chantier sur le « crassier » imminent ?
- Legré-Mante un incendie s’est déclaré dimanche 11 décembre. Il a été maîtrisé grâce au professionnalisme des marins-pompiers.
- Le site n’est plus gardienné et est accessible en plusieurs points et présente des dangers avérés pour la population, les promeneurs, les visiteurs du Parc des Calanques.
- Rappelons que le site est une ICPE (Installation classée ), la Préfecture dispose donc d’un pouvoir de contrôle appelé « police des ICPE » qui permet de faire exécuter les travaux de mise en sécurité. Mais aucune procédure n’est en cours …
- Groupe scolaire Madrague de Montredon : un diagnostic des sols et de l’air a été réalisé durant l’été 2015 et a classé l’établissement en catégorie C, mais le rapport complet n’est toujours pas communiqué un an après comme le réclame l’association des parents d’élèves et notre comité.
C’est dans ce contexte que la Mairie de secteur vient de rappeler qu’il existe toujours un permis de construire 6 villas sur le crassier qui est une décharge de déchets dangereux en forme de falaise artificielle surplombant le village de la Madrague.
Ce chantier pourrait donc démarrer dès sans prise en compte de la dangerosité réelle pour les riverains. Le comité santé littoral sud appelle tous les habitants de Montredon à rester mobilisés et alerte les associations et CIQ sur la gravité de la situation !
Communiqué CSLS : Un incendie à LEGRE-MANTE – 11 décembre 2016
Communiqué du CSLS : Réglementation et protection des riverains du 11 janvier 2016
Les riverains souhaitent que les pouvoirs publiques s’assurent de l’application de la réglementation et de la protection des riverains.
APRES L’AUTORISATION DES REJETS INDUSTRIELS DANS LES CALANQUES,
AUJOURD’HUI LEGRE MANTE ?
L’annonce en Conseil Municipal du 16 Décembre 2015 et le maintien par le Préfet des arrêtés préfectoraux de 2012 ne répondent en rien aux craintes des riverains face aux dangers des métaux lourds (Plomb, arsenic, cadmium, antimoine …) dont les effets sur la santé sont irréversibles.
A la suite du retrait de permis par le promoteur en septembre 2014, les promesses faites par les élus municipaux d’ouvrir une concertation n’ont pas été suivies des faits, ce qui laisse présager la signature de nouveaux permis. Et pourtant sans se limiter aux questions immobilières et du devenir de leur cadre de vie, c’est à cette question vitale de santé publique que les habitants attendent des informations et des réponses.
Ainsi, quel que soit le devenir du site, sa mise en sécurité et sa dépollution (réhabilitation) doivent être des opérations prioritaires, avant la réalisation de tout projet d’aménagement.
En conséquence, il importe que sur ces bases :
- le projet de dépollution qui sera présenté soit accompagné d’une étude d’impact sanitaire et environnementale réalisée par un organisme agréé indépendant, pour évaluer préventivement les dangers et non les subir dans l’improvisation.
- Le propriétaire et son promoteur soumettent à la Préfecture, un plan détaillé de protection des riverains et de l’environnement, basé sur l’utilisation de techniques empêchant l’envol des poussières et particules contaminées dans ce secteur très exposé aux vents en front de mer et au pied du massif des Calanques. (recommandations officielles, suite aux études de santé réalisées de 2003 à 2005 sur l’ancienne usine de plomb de l’Escalette).
- Conformément aux dispositions de la convention d’Aarhus de juin 1998, de la charte de l’environnement de mai 2005, de la loi Grenelle II de juin 2010, Associations, CIQ et riverains soient consultés pour faire part d’observations et de propositions sur les mesures préventives proposées et informés régulièrement des mesures de contrôle (Air , eau, sols, et établissements scolaires.)
Les riverains comprennent que la dépollution s’avère nécessaire, mais pas au prix de leur santé. Ils voudraient pouvoir compter sur la diligence des pouvoirs publics et des nombreux services, placés sous l’autorité de l’état ou des collectivités, pour faire appliquer la règlementation et assurer leur protection.
Comité Santé Littoral Sud Marseille le 11 Janvier 2016
Téléchargez le communiqué sur la réglementation et protection des riverains en PDF





















